À l’occasion des 30 ans de Solaris, Brice Bonavia, gérant de Solaris Bus France, dresse le bilan d’un constructeur qui retrouve une trajectoire de croissance.
Après une année 2024 difficile et une cinquantaine d’immatriculations en 2025, la filiale française a déjà livré environ 35 véhicules en 2026, principalement à hydrogène, auxquels s’ajoutent les trolleybus de Saint-Étienne. Pour 2027, elle prévoit 45 immatriculations, surtout des autobus électriques et diesel mild-hybrid. À terme, son objectif reste de 150 véhicules par an.
L’hydrogène traverse toutefois une période contrastée. Solaris poursuit ses livraisons à Béziers, Metz et auprès de Berthelet pour l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, mais les échanges avec les autorités organisatrices de mobilité se raréfient. Selon Brice Bonavia, les freins concernent moins les véhicules, désormais matures, que leur environnement d’exploitation : fiabilité des stations, baisse des subventions et prix du carburant. L’objectif de 7 à 8 euros le kilo n’a pas été atteint dans les réseaux évoqués ; le meilleur prix constaté reste de 14 euros. Face à ces contraintes, les progrès de l’électrique à batteries et son coût inférieur favorisent cette solution. Solaris estime néanmoins avoir rentabilisé ses investissements dans l’hydrogène. En s’appuyant sur des véhicules existants pour développer sa gamme, le constructeur a limité les coûts de recherche et développement. Il a déjà livré quelque 700 autobus H2 et compte atteindre rapidement le millier.
En France, l’électrique à batteries concentre, selon Brice Bonavia, environ 80 % des renouvellements évoqués. Un appel d’offres UGAP portant sur le 12 mètres représente un enjeu majeur pour Solaris. Le constructeur met aussi en avant sa capacité à tenir les délais : sa production devrait atteindre 2 000 véhicules en 2026, contre 1 600 en 2025. Les attentes des AOM évoluent cependant, avec une pression sur les prix et des demandes de garanties pouvant aller jusqu’à 10 ou 15 ans sur les chaînes de traction, voire 15 ans sur les batteries. L’amortissement des nouveaux autobus pourrait ainsi s’étendre sur 18 à 20 ans. La progression des constructeurs chinois constitue aussi un point de vigilance sur le marché français.
Autre perspective : l’arrivée de l’autocar électrique interurbain. Développé à partir d’une page blanche, il doit être présenté en 2027, à une date encore à préciser. Deux démonstrateurs seront mis à disposition de Solaris Bus France. La gamme proposera des versions low entry et à plancher classique, en longueurs de 12 et 13 mètres, avec plusieurs capacités de batteries adaptées aux usages. Les premières livraisons sont envisagées en 2028, avec un objectif de 300 immatriculations à l’échelle du constructeur cette année-là. Une déclinaison interurbaine à hydrogène reste également possible pour répondre aux besoins de certaines régions françaises. De quoi ouvrir un nouveau chapitre pour la filiale du groupe CAF.

Retrouver l’interview de Brice Bonavia, gérant de Solaris Bus France, dans son intégralité dans le numéro d’octobre de Car & Bus News.

