Principal constructeur européen de bus urbains, Solaris Bus & Coach accélère sur les mobilités zéro émission, électriques, hybrides ou hydrogène. Fabrizio Poli, Directeur après-vente de Solaris France, Belgique et Luxembourg revient sur les nouveaux enjeux du service après-vente entre exigence technique, maîtrise des coûts et continuité d’exploitation.
Solaris opère aujourd’hui dans 33 pays et 850 villes à travers l’Europe. Quid de votre présence sur le marché français ?
Fabrizio Poli : Nous opérons depuis notre site d’Ennery (57) et nous sommes aujourd’hui implantés à Paris, Lyon ou Metz, mais aussi dans des agglomérations comme Clermont-Ferrand ou Belfort. Notre parc roulant atteint environ 500 autobus, majoritairement des véhicules électriques et hybrides. En parallèle, nous avons livré nos premiers bus à hydrogène : 22 à Paris, 7 à Clermont-Ferrand, 8 à Belfort, 4 à Lens et 9 à Metz.
Avec l’émergence de l’électrique et de l’hydrogène, quels sont les nouveaux enjeux du service après-vente ?
F.P : Les technologies embarquées sont de plus en plus complexes. Cela suppose une capacité d’analyse et d’anticipation renforcée. Notre mission est de garantir la disponibilité des véhicules dans la durée, en réduisant drastiquement leur temps d’immobilisation.

Justement, comment avez-vous structuré votre activité pour répondre à ces enjeux ?
F.P : Notre organisation repose sur 5 grands piliers. Les 2 premiers concernent les pièces de rechange. En France, nous disposons d’un stock d’environ 3 500 références, ce qui nous permet de garantir la disponibilité des pièces et de répondre rapidement à la majorité des besoins. Nous avons également renforcé la vente de pièces, afin de mieux accompagner nos clients dans la gestion de leurs propres stocks, en fonction des usages et des saisonnalités.
Le troisième pilier concerne le support technique, avec une présence renforcée de nos inspecteurs techniques sur le terrain et le développement de notre réseau Après-ventes. Autre priorité, la gestion des contrats de service avec un enjeu d’harmonisation. Enfin, le cinquième pilier porte sur la data qui prend une place croissante dans notre activité.

En quoi a-t-elle changé la donne ?
F.P : Aujourd’hui, tous nos véhicules zéro émission sont connectés. Grâce à des outils dédiés, nous collectons en temps réel des données sur leur fonctionnement : consommation énergétique, état des batteries, comportement des principaux composants…
Nous conservons des plans de maintenance basés sur des échéances classiques, temporelles ou kilométriques, mais les données nous permettent d’affiner ces cycles au plus près de la réalité d’exploitation. C’est une approche plus fine qui permet de passer d’une logique réactive à une logique prédictive.
Vous avez fait le choix de ne pas internaliser les réparations. Comment fonctionne votre modèle ?
F.P : Nous nous appuyons sur un réseau de points de service agréés. Nos inspecteurs techniques assurent le diagnostic et l’accompagnement, mais les interventions sont réalisées par ces partenaires, spécialement formés pour intervenir sur notre parc de véhicules. Cette organisation permet de conjuguer proximité, expertise et réactivité.

eSConnect
Quels sont les principaux enjeux du service après-vente dans les années à venir ?
F.P : Le premier reste la disponibilité des véhicules. C’est la priorité absolue des exploitants. À cela s’ajoute bien évidemment la maîtrise des coûts. Enfin, il y a un enjeu de compétences. Les métiers changent, et nos équipes doivent se former en continu pour s’adapter à des systèmes de plus en plus complexes.

Solaris France
10 rue Charles Picard
ZI Les Jonquières
57365 Ennery
+33 3 87 73 49 46


