La FNAUT se penche sur le cas des bus parisiens

par | 17 Fév, 2026 | Autobus, Les Infos, Réseau

L’Association des usagers des transports, dans sa composante Ile-de-France, vient de publier un important dossier consacré aux bus parisiens.

Depuis 2019, la FNAUT, comme d’ailleurs tous les observateurs habituels, constate que la fréquentation des bus à Paris et en proche couronne a diminué fortement pour de multiples raisons : crise sanitaire puis pénurie de conducteurs notamment, entrainant une forte dégradation du service.

Mais alors que la fréquentation est revenue à des niveaux proches de ceux de 2019 sur les réseaux métro, RER ou trams, ce n’est pas le cas pour les bus du périmètre ex-RATP.

Si les raisons sont multiples et dépendent aussi des opérateurs et d’IDFM, la baisse de régularité et de vitesse commerciale des bus est pour la FNAUT un facteur majeur de cette perte de clientèle des bus. Or les communes ont un rôle clé à jouer en tant que gestionnaires de voirie et détentrices du pouvoir de police.

L’association rappelle ensuite les enjeux majeurs que représentent les bus :

  • Environ 2 millions d’usagers par jour sur le périmètre ex-RATP ;
  • Avec le tramway, le bus est le mode de transport le plus accessible à tous, avantage notable dans un contexte de vieillissement de la population ;
  • Un mode de transport économe en énergie et en espace rapporté au voyageur transporté et qui est de plus en plus écologique avec l’investissement massif en véhicules « propres » (électrique ou biogaz) désormais bien avancé ;
  • La mauvaise performance des bus a un coût pour les finances publiques. Dans son dernier livre, l’expert en mobilités Pascal Auzannet chiffre à 400 M€ / an le surcoût de fonctionnement du réseau de bus liés à la congestion de la voirie ;
  • Face à l’augmentation des temps de parcours, IDFM décide souvent de travailler à moyen constants et donc dégrade l’offre théorique ;
  • On se trouve ainsi pour certaines lignes dans une spirale de dégradation qu’il faut interrompre.

La FNAUT met ensuite en avant les qualités de ce mode de transport (agrément, accessibilité, couverture du réseau), s’appuyant notamment sur une étude menée par IDFM en 2023.

« Cependant le manque de fiabilité, de régularité (plus encore que les vitesses médiocres), l’information souvent défaillante aux arrêts et la signalétique souvent indigente dans les zones complexes (Gares Montparnasse et Saint-Lazare, Place du Châtelet et alentours entre autres), constituent des freins à l’utilisation du bus », explique-t-elle.

Au-delà du constat, la FNAUT liste aussi ses attentes de la part des futurs élus municipaux :

  • Renforcer les contrôles du respect du code de la route: usage et stationnement dans les couloirs bus, stationnement en double file, etc. ;
  • Concevoir / modifier les aménagements de voirie pour faciliter la circulation des bus : par exemple, reculer une ligne de feux, conserver une largeur permettant le croisement de 2 bus, proscrire les ralentisseurs non conformes, etc. ;
  • Porter une vision globale de l’espace public et améliorer la cohabitation entre les modes(bus, vélo, piétons notamment) ;
  • Les projets de piétonisation / végétalisation ou de modification du plan de circulation ne doivent pas conduire à pénaliser des milliers d’usagers des bus, comme on a pu le voir dans plusieurs communes (Clamart, St-Denis, Pantin, Aulnay, etc.) ;
  • Travailler avec IDFM et les autres collectivités sur la mise en place de priorité aux feux, actuellement presque inexistante (sauf trams et TVM) ;
  • Mettre (ou remettre) en place des instances de concertationavec les associations d’usagers pour l’amélioration en continu du réseau de bus et échanger en amont sur tout projet ayant des impacts sur les bus ;
  • Un enjeu majeur en zone dense réside dans le blocage des carrefours. Nous militons pour la recréation d’une véritable police de la circulation, afin de lutter contre les comportements qui aboutissent à un blocage des carrefours les plus critiques. Cette police pourrait être municipale voire intercommunale ;
  • Veiller à la meilleure gestion des abribus(superstructure, alimentation électrique, affichage) donc optimiser la coordination entre les différents intervenants pour le compte des villes ou territoires.

Plus généralement, la FNAUT souhaite que les candidats fassent des propositions pour faire simplifier le mille-feuille administratif. En matière de mobilité aussi, il est source de lourdeurs, voire paralyse parfois l’action publique.

Dans les fiches en annexe sont enfin développées différentes suggestions dans le contexte des élections municipales :

  • Paris : de multiples
  • leviers pour redresser le réseau de bus ;
  • Clamart : un bout de rue piétonne très pénalisant pour les bus ;
  • Saint-Ouen : un manque de bonne volonté ?
  • Hauts-de-Seine : un choix délibéré de supprimer les voies bus ?
  • Saint-Denis : une « requalification » du centre-ville au détriment des usagers des bus ;
  • Aulnay-sous-Bois : du stationnement au détriment des bus.

 

 

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