Selon notre confrère h2-mobile, cinq ans seulement après avoir investi 13,9 M£ pour l’acquisition de 25 bus à hydrogène, Aberdeen va les revendre pour seulement 816 000 livres au total, soit une décote spectaculaire de 94% pour des véhicules immobilisés depuis plus de 760 jours.
First Bus, qui louait ces 25 Wrightbus à double-étage de 60 places à la municipalité et les accueille dans son dépôt de King Street, rachètera 23 exemplaires pour 30 000 livres pièce.
L’entreprise prévoit de les convertir en autobus électriques à batteries. Les deux derniers véhicules seront vendus à GeoPura pour 63 000 livres chacun et continueront, eux, à fonctionner à l’hydrogène.
L’argent récupéré grâce à la vente des bus à hydrogène, 816 000 livres au total, servira à financer des infrastructures destinées aux véhicules électriques, notamment en reconvertissant l’ancien projet de hub hydrogène de la ville en station de recharge électrique, présentée comme l’une des plus importantes d’Écosse.
Et la vente des autobus n’est que l’un des volets du désengagement d’Aberdeen. La municipalité rachète par exemple pour une livre symbolique la participation de BP dans leur coentreprise, pourtant valorisée à plus de 40,3 M£.
GreenPower doit de son côté acquérir pour 1,3 M£ les équipements de production et de ravitaillement installés sur les sites de Cove, Kittybrewster et du centre d’exposition TECA.
Une benne à ordures fonctionnant à l’hydrogène ainsi que dix kits de conversion bicarburation sont aussi proposés à la vente. Quant aux 29 véhicules bicarburation encore détenus par la ville, ils fonctionneront uniquement au gazole jusqu’à leur remplacement prévu en 2027.
Le cas d’Aberdeen n’est pas isolé en Europe, puisque des agglomérations comme Anvers ou Pau viennent de renoncer à leurs bus à hydrogène. Dans la même logique, l’Allemagne, qui concentrait 60% du marché européen en 2025 avec 336 immatriculations, est tombée à 26 véhicules hydrogène immatriculés au premier semestre 2026.
A contrario, en France, de nouveaux déploiements ont eu lieu à Béziers et Metz ces dernières semaines, tandis q’en Italie, Rome vient d’annoncer vouloir investir 90 M€ dans cette technologie.
Rapporté à l’ensemble des bus zéro émission immatriculés en Europe, l’hydrogène représente toujours environ 4,6% du total, exactement la même proportion qu’en 2024.

