Utiles pour 89% des jeunes, associés à la stabilité de l’emploi pour 81% et considérés comme ouverts à tous par 82%, les métiers des transports publics urbains et ferroviaires disposent de solides arguments d’attractivité. Pourtant, les jeunes pensent encore peu spontanément à y faire carrière et seuls 18% estiment bien connaître les métiers du secteur.
Un résultat de l’étude réalisée par Norstat pour l’UTPF illustre tout leur potentiel : après une présentation plus détaillée des professions, la part des jeunes envisageant le secteur passe de 16 à 28%. À l’heure où le secteur ambitionne de recruter 100 000 nouveaux professionnels d’ici 2030, cette étude identifie plusieurs leviers pour mieux transformer ces atouts en projection professionnelle : information, transparence sur les rémunérations, immersions, rencontres avec les professionnels et perspectives d’évolution.
L’étude quantitative a été réalisée par Norstat pour l’UTPF, du 16 au 20 mars 2026, auprès de 2 000 répondants (parents d’enfants de 12 à 18 ans et leur enfant), représentatifs en termes de sexe, âge, région et CSP. Enquête en ligne (CAWI), 34 questions, 15 minutes en moyenne.
Les chiffres clés :
- Un décalage de perception : les transports publics urbains et ferroviaires arrivent derniers parmi les 12 secteurs testés dans les envies de carrière des jeunes (12-13%), malgré de très bons scores d’image (89% utile à la société, 82% inclusif, 81% stable).
- Mieux connaître les métiers favorise la projection : une fois les métiers du secteur détaillés, la part de jeunes qui envisagent une carrière dans les transports bondit de 16% à 28% (+12 points).
- Un fort effet d’exposition : 22% des jeunes qui utilisent les transports tous les jours ou presque envisagent une carrière dans le secteur, contre seulement 2% de ceux qui ne les utilisent jamais. L’exposition quotidienne au secteur semble ainsi favoriser la projection professionnelle : les jeunes usagers réguliers sont nettement plus nombreux à envisager une carrière dans les transports.
- Une méconnaissance sélective : les métiers « visibles » (conducteur, contrôleur, agent d’accueil) sont connus par 85 à 93% des jeunes, contre seulement 47 à 62% pour les métiers techniques, d’ingénierie, de régulation et d’encadrement.
- La famille, prescripteur clé : première source d’information des jeunes sur leur orientation, la catégorie socioprofessionnelle des parents influence fortement l’image que les enfants se font du secteur.
- Un enjeu de mixité : 82% des jeunes considèrent que le secteur est ouvert à tous, pourtant les filles connaissent moins bien ses métiers et se projettent moins favorablement sur certaines dimensions. Les jeunes filles sont en effet plus réservées sur l’intérêt ou la confiance à exercer certains métiers. Les femmes représentent aujourd’hui seulement 20% des professionnels du secteur.
Un secteur qui coche les cases… sans être envisagé
Seuls 12% des jeunes envisagent une carrière dans les transports publics urbains et 13% dans le ferroviaire : en termes de projection, le secteur arrive derrière le numérique (43%), l’hôtellerie-restauration (22%) ou encore le bâtiment (19%). Pourtant, interrogé seul sur sa propre image, le secteur obtient de très bons scores : 89% des jeunes le jugent utile à la société, 82% le trouvent ouvert à tous, 81% jugent l’emploi stable et 76% citent des avantages sociaux intéressants.
Un résultat est particulièrement révélateur : avant la présentation détaillée des métiers, 16% des jeunes envisagent le secteur. Après avoir découvert davantage la diversité des professions qui le composent, ils sont 28%, soit une progression de 12 points. Un résultat qui montre tout le potentiel d’un secteur dont les métiers gagnent à être mieux connus et incarnés.
Parmi les leviers cités par les jeunes eux-mêmes : mieux connaître les salaires et leurs évolutions (40%), faire un stage ou une immersion (36%), bénéficier d’une meilleure information sur les métiers (33%), voir des témoignages de jeunes professionnels (24%).
L’étude révèle aussi un puissant effet d’exposition : les jeunes usagers quotidiens des transports publics envisagent onze fois plus une carrière dans le secteur que ceux qui ne les utilisent jamais (22% contre 2%). Le phénomène est renforcé en zone urbaine dense (comme en agglomération parisienne par exemple) où l’usage régulier est le plus répandu. La familiarité avec les transports joue également dans les représentations : les usagers quasi quotidiens ont une meilleure image du secteur, tandis que les jeunes qui y sont moins exposés le connaissent et l’envisagent moins.
« Cette étude montre que notre secteur dispose de nombreux atouts qui répondent aux attentes des jeunes, mais qu’ils sont encore insuffisamment associés à la réalité de nos métiers. Lorsque les jeunes découvrent davantage leur diversité, ils se projettent davantage. Notre responsabilité collective est donc de donner à voir, de créer la rencontre et de permettre l’expérience concrète des métiers », explique Géraldine Adam, Directrice Attractivité, Emploi et Formation de l’UTPF.
Mieux connaître les métiers pour mieux s’y projeter
L’étude identifie une méconnaissance sélective : les métiers « visibles » comme conducteur, contrôleur ou agent d’accueil sont connus par 85 à 93% des jeunes, quand les métiers techniques, d’ingénierie, de régulation ou du numérique tombent à 47-62% de notoriété. Seuls 18 % des jeunes déclarent avoir une bonne connaissance des métiers du secteur, contre 50% qui la jugent faible.
Autre enseignement : le salaire, critère le plus déterminant pour les jeunes dans le choix d’un métier, est perçu comme un point faible du secteur, tout comme l’intérêt du domaine, les conditions de travail et l’équilibre vie professionnelle/ vie personnelle.
L’exposition directe aux transports (usage régulier, profils urbains et franciliens plus favorables) joue un rôle dans l’image que se font les jeunes du secteur, tout comme la famille, qui reste d’ailleurs la première source d’information pour les choix d’orientation. En effet, la catégorie socioprofessionnelle des parents ou de la famille influence notamment la perception des enfants, à travers des témoignages et la constitution de modèles.
« Nos métiers sont stables, non délocalisables et présents partout en France : Transdev a recruté 9 000 personnes en France l’année dernière. Mais il faut encore mieux faire connaître nos métiers et toute leur diversité : de la conduite à la maintenance, ils ont une véritable utilité sociale et offrent de vraies perspectives d’évolution. La majorité de nos encadrants a démarré comme conducteur ou technicien », constate Caroline Gonin, Directrice des ressources humaines et RSE du groupe Transdev
Le programme TRANSFORMEURS : une mobilisation collective pour l’attractivité du secteur
Les enseignements de cette étude confortent la pertinence des actions déployées par le programme TRANSFORMEURS et les adhérents de l’UTPF, avec 90 actions menées sur l’ensemble du territoire français pour attirer, recruter, former et fidéliser au sein des secteurs urbains, interurbains et ferroviaires :
- Faire connaître dès le collège, avec la signature d’une convention avec l’Éducation nationale, la diffusion de fiches actions auprès des enseignants et parents d’élèves et la création d’outils et de supports pédagogiques dès la classe de 5e, moment où se construisent les représentations et choix d’orientation.
- Faire rencontrer grâce à des événements itinérants comme le Mobilités Tour, proposant des témoignages de professionnels et des sessions de recrutement à l’échelle locale. Quatre journées ont déjà été organisées pour le grand public, les jeunes et les demandeurs d’emploi à Montpellier, Toulouse, Perpignan et Tarbes. Un partenariat avec l’association ViensVoirMonTaf facilite les rencontres avec des professionnels et des immersions en stage dès le collège.
- Donner des perspectives avec la construction de parcours de formation et d’évolution professionnelle et le lancement de nouvelles formations professionnalisantes adaptées aux besoins du secteur (Bac+5 « Manager des Opérations et de la Performance en Transport de Voyageurs » à l’ ISTELI, Bac +1 spécialisé dans la maintenance des systèmes en autobus et autocar (MS2A) au Lycée Saint-Exupéry de Limoges, etc.)
« Au-delà d’une étude de perception, il s’agit d’une démarche de connaissance pour mieux orienter les actions du programme TRANSFORMEURS concernant les attentes des jeunes et la manière dont ils construisent leurs choix d’orientation », conclut Géraldine Adam, Directrice Attractivité, Emploi et Formation de l’UTPF.

