par Pierre Cossard | Nov 13, 2025 | Autobus, Les Infos, Réseau
Le réseau de transport en commun TADAO, géré par Artois Mobilités, deviendra entièrement gratuit à partir du 1er janvier 2026. Desservant 150 communes du bassin minier du Pas-de-Calais et quelques 650 000 habitants, TADAO va devenir le plus grand réseau de France entièrement gratuit.
Le réseau TADAO, 100% gratuit, est le fruit d’une politique historiquement volontariste qui ambitionne de rendre la mobilité performante et accessible au plus grand nombre.
La gratuité totale du réseau TADAO, votée par les élus d’Artois Mobilités, doit être vue comme un outil supplémentaire pour atteindre les objectifs du Plan de déplacements urbains, d’augmentation de la part des transports en commun et de réduction de l’autosolisme.
Ce sont les 3 agglomérations membres d’Artois Mobilités qui supporteront le coût lié à cette gratuité, soit 10M€ qui seront versés annuellement sous forme de contribution de fonctionnement.
Un investissement initial de 10M€ supplémentaire a été nécessaire afin d’anticiper l’augmentation de fréquentation attendue.

Cette anticipation aboutit, entre autres, à l’achat de 20 bus supplémentaires et à l’installation dans les quelque 550 véhicules du réseau de cellules compteuses.
Ces dernières auront 2 objectifs : comptabiliser précisément le nombre d’usagers et permettre de connaître les origines-destinations des usagers de manière anonyme.
La mise en place de la gratuité sera accompagnée d’une augmentation de la fréquence de nombreuses lignes, le week-end et en heures de pointe ainsi qu’une adaptation de 2 lignes principales aux standards des BHNS du réseau.
En termes de chiffres, l’objectif de hausse de la fréquentation du réseau est fixé à plus de 15% dès la mise en place puis 30% au début 2027 par rapport à la fréquentation 2024.
par Pierre Cossard | Nov 13, 2025 | Autobus, Equipement, Les Infos, Réseau
Un nouveau centre opérationnel bus au biométhane (CoB) financé à 100% par Île-de-France Mobilités, a été inauguré le 12 novembre dans le territoire de la Vallée de Montmorency.
Cette nouvelle infrastructure fait partie des 65 CoB déjà convertis aux énergies propres (dont 53 au biométhane) sur les 120 du réseau d’Île-de-France Mobilités.
Ce site permettra l’exploitation de 13 lignes de bus du territoire Vallée de Montmorency. Situé le long de la D909, le CoB de Domont s’étend sur plus de 11 000 m2.
Il a été conçu selon les normes Haute Qualité Environnementale (HQE), avec une toiture végétalisée, des panneaux solaires, un système de rétention des eaux pluviales paysagé et une station de lavage avec un système de recyclage des eaux permettant de réutiliser plus de 70% des eaux à chaque lavage bus.
Financé à 100% par Île-de-France Mobilités à hauteur de 6,8 M€, le CoB de Domont dispose de 38 places de remisage, dont 30 équipées de charge lente biométhane.
Il comprend un poste de charge rapide pour assurer une bonne flexibilité de la maintenance et de l’exploitation ; un atelier de maintenance ; un pavillon meulière conservé et restructuré pour accueillir les locaux d’exploitation et sociaux ; et des aménagements pour les mobilités douces (parking vélos, bornes électriques sur le parking VL, etc…).
par Pierre Cossard | Nov 12, 2025 | Les Infos, Réseau
Le réseau TBM de Bordeaux déploie jusqu’au 16 novembre une campagne de sensibilisation et de prévention pour lutter contre la fraude. L’objectif est d’informer les voyageurs, de dissuader les fraudeurs et de rappeler l’obligation de valider son titre à chaque trajet.
En 2024, plus de 90 000 PV ont été dressés et plus de 84 000 sont comptabilisés entre janvier et fin octobre 2025. Selon TBM, ces résultats ne traduisent pas une augmentation de la fraude, la dernière enquête montrant un taux stable à 11,1%, « mais une plus grande efficacité dans la lutte contre la fraude ».
TBM diffuse donc, non sans humour, une nouvelle campagne pour mettre en avant le « Pass fraude » à 122 €, inspirée des codes de la promotion commerciale.
TBM rappelle que voyager sans titre de transport ou avec un titre non-validé est interdit, et distingue deux types de comportements : les fraudeurs qui contournent volontairement les règles ; les abonnés qui oublient de valider leur titre.
Le réseau rappelle que plus de 5 millions de contrôles sont effectués par an, soit plus de 13 000 personnes contrôlées chaque jour par des contrôleurs en tenue mais aussi en civil.
Les enquêtes de terrain révèlent que 89% des voyageurs ont acheté un titre de transport, mais seulement 59% l’ont validé.
Cette impression d’un fort taux de fraude sur le réseau est d’autant plus renforcée que 42% des 331 960 abonnées ne valident pas leur titre de transport.
C’est aussi pour le réseau l’occasion de rappeler les sanctions encourues, qui sont de 122€ pour une personne détenant un ticket non-validé ou en cas d’absence de titre de transport et de 5€ pour les abonnés dont le titre n’est pas validé, même en correspondance.
par Pierre Cossard | Nov 11, 2025 | Autobus, Autocar, Entreprise, Equipement, Les Infos, Réseau
L’affaire a été révélée début novembre à Oslo par l’opérateur Ruter, qui exploite tout de même la moitié des transports publics de Norvège.
Lors d’essais menés dans l’ancienne mine de Sandvika, conçue pour bloquer tout signal extérieur, Ruter a constaté que Yutong (dont 850 autobus circulent à ce jour dans les réseaux norvégiens) disposait d’un accès numérique aux systèmes critiques de ses véhicules.
Officiellement destinée aux mises à jour logicielles et aux diagnostics, ce système pourrait par hypothèse permettre d’arrêter les bus à distance puisqu’il donne un accès direct au système de gestion de la batterie et de l’alimentation électrique.
« Le fabricant a un accès numérique aux systèmes de contrôle pour les mises à jour logicielles et les diagnostics. En théorie, cela pourrait être exploité pour influencer le bus », explique Ruter dans un communiqué désormais largement relayé en Europe.
Interpelé, Yutong a indiqué qu’il était « techniquement impossible » de contrôler à distance les fonctions de conduite, de freinage ou d’accélération. Les mises à jour ne concerneraient que les fonctions de confort et les interfaces.
En France, 132 véhicules électriques de marque Yutong sont en circulation (sur un total de 737), notamment à Paris, Strasbourg, Lyon, Toulouse et Marseille. Le constructeur a par ailleurs vendu plus de 8 500 véhicules depuis son arrivée en 2005 sur le continent européen.
par Pierre Cossard | Nov 9, 2025 | Autobus, Equipement, Les Infos, Réseau
Selon notre confrère H2 Mobile, l’industriel Valorem, très en pointe sur le développement de l’hydrogène vert, favorisera désormais la décarbonation de l’industrie et abandonnera la mobilité.
Cette évolution stratégique signerait la fin du projet H2Vert qui rassemblait les différents acteurs du secteur au sein du consortium Armor Hydrogène.
Concernant la conversion à l’hydrogène d’autobus et de benne à ordures, les objectifs de l’Ademe, de l’agglomération de Saint-Malo ou de Saint-Brieuc s’appuyaient sur la fourniture à un tarif concurrentiel d’hydrogène vert. Valorem s’était en effet engagé à le faire à un prix fixe pendant 15 ans.
Devant le retard pris, Saint-Brieuc a finalement inauguré son BHNS avec des bus fonctionnant finalement au BioGNV. Le budget total de l’opération, estimé à 35 M€ servant à couvrir la construction de l’usine de production d’hydrogène, la distribution, mais aussi l’achat de 12 bus et de 2 bennes à ordures ménagères. L’Ademe et la région Bretagne avaient respectivement accordé des enveloppes de 7,45 et 1,90 M€, désormais en pure perte…
par Pierre Cossard | Nov 7, 2025 | Autobus, Autocar, Entreprise, Equipement, Les Infos, Réseau
Comment les comportements de mobilité au quotidien ont-ils évolué depuis 2010 ? Le Cerema vient de publier une synthèse rendant compte des évolutions de mobilité récentes, notamment post-pandémie, constatées grâce aux données des enquêtes mobilités menées par des collectivités avec le Cerema.
Seule la prochaine enquête nationale 2026-2027 du ministère chargé des Transports permettra de dresser un état des lieux complet post crise sanitaire et de dégager les tendances sur le temps long.
Cependant, les enquêtes de mobilité certifiées Cerema (EMC²), régulièrement réalisées par les collectivités locales avec l’appui du Cerema, apportent tout de même de premiers éclairages.
Ainsi, le Cerema constate-t-il une baisse de près de 10% de la mobilité quotidienne par résident, en nombre et en kilomètres, au sein des aires urbaines. Une tendance portée avant tout par les personnes en âge de travailler qui sortent moins de chez elles et se déplacent moins.
En semaine, la baisse de la mobilité ne concerne pas que le travail, mais également les déplacements pour des achats, les démarches administratives et de santé et d’accompagnement.
En termes de modes, l’utilisation des transports en commun poursuit sa progression dans les grands centres urbains, mais reste stable dans les autres territoires, tandis que le nombre moyen de véhicules par adulte continue de diminuer légèrement mais uniquement dans les grands centres urbains.
Le taux de possession du permis est en recul quel que soit le type de territoire et sur toute la population entre 18 et 40 ans, alors que la part des déplacements vélo et marche augmente dans tous les territoires et particulièrement dans les centres urbains.
Concernant décarbonation de la mobilité, si elle est clairement amorcée dans les grands centres urbains, le défi demeure pour les longs déplacements quotidiens car plus de 80% d’entre eux sont toujours réalisés en voiture thermique, sur des distances importantes.
Le Cerema préconise donc de déployer des transports collectifs alternatifs de qualité à la voiture au-delà des centres-villes des grands centres urbains, de développer le covoiturage et l’autopartage, mais aussi de faciliter la marche et le vélo pour les déplacements de courte distance dans tous les territoires.
Plus généralement, le Cerema préconise d’articuler les politiques d’aménagement du territoire et de mobilités « pour rapprocher services et emplois des zones d’habitat ».