par Pierre Cossard | Nov 17, 2025 | Entreprise, Equipement, Les Infos
Blue Solutions, filiale du Groupe Bolloré, vient de démontrer la performance de sa batterie GEN4 qui, selon l’industriel, offre 68,8% d’autonomie supplémentaire, pour l’instant sur un deux- roues électrique.
Ces dernières années, Blue Solutions a franchi une nouvelle étape avec le développement de prototypes intégrant sa dernière génération de batterie, la GEN4. Cette nouvelle génération offre des performances nettement supérieures aux technologies traditionnelles.
Début 2025, l’entreprise lance son projet de scooter électrique BeeWi, dans le but de fournir une solution plug-and-play de batterie, offrant une plus grande densité énergétique, et donc une autonomie accrue grâce à cette technologie de rupture, sans compromis sur l’encombrement ou le poids.
Le 2 octobre dernier, sous contrôle d’huissier, Blue Solutions a réalisé un test comparatif dans son usine de Quimper avec un scooter électrique fourni par le constructeur breton Easy-Watts.
Lors du premier essai, équipé de la batterie d’origine, le véhicule a atteint une autonomie de 62,9 km. Lors d’un second essai, le véhicule équipé de la batterie GEN4 a atteint une autonomie de plus de 106 km, soit 68,8% de plus qu’avec la batterie d’origine.
Sans en modifier la géométrie, cette technologie permet également une réduction du poids de 13%. Appliquée à une voiture, cette avancée pourrait faire passer l’autonomie de 600 à plus de 1 000 km par charge.
Les deux systèmes ont utilisé une cathode NMC pour assurer la comparabilité. Selon Blue Solutions, la performance du scooter BeeWi prouve la viabilité des batteries lithium-métal avec anodes ultra-fines de 30 micromètres et électrolytes polymères avancés, fonctionnant à température ambiante.
Pour renforcer la sécurité et améliorer l’expérience utilisateur, Blue Solutions a également lancé BeeWatch, un système de suivi en temps réel qui transmet les données clés de la batterie au conducteur et à une tour de contrôle via une connexion sans fil.
par Pierre Cossard | Nov 14, 2025 | Entreprise, Les Infos, Réseau
Le Conseil métropolitain a approuvé la nouvelle Délégation de service public (DSP) du réseau STAR, confiée à Keolis pour la période 2026-2032.
Cette nouvelle DSP de 7 ans s’élève à 1,33 Mds€en fonctionnement et 522 M€ en investissement. Elle sera marquée par un renforcement de l’offre, la poursuite de la transition écologique et une amélioration de la qualité du service. À terme, le réseau STAR prévoit d’assurer 130 millions de voyages en 2032 (contre 103 millions en 2024).
Dans cette logique, quelque 1,2 million de km de bus supplémentaires seront déployés d’ici 2032 sur le réseau. Cela représente pour les lignes métropolitaines +11% d’offres entre 2024 et 2032 et l’achat de 24 bus articulés pour répondre aux besoins et au confort des usagers.
La correspondance Charles-de-Gaulle pour les lignes métropolitaines et du pôle Gares pour les lignes Chronostar sera renforcé afin de décongestionner le secteur de République.
La flotte de bus sera 100% électriques ou au gaz naturel (GNV) en 203, tandis que l’offre continuera à s’étoffer avec par exemple un nouveau terminus à Vern-sur-Seiche (Hauts de Gaudon) et renfort aux heures de pointe (2026) ; une liaison plus directe toute la journée pour Bourgbarré et Saint-Erblon ; ou un nouveau terminus à Orgères (Prairie) pour la ligne 74.
Pendant les vacances scolaires, la circulation des lignes express sera sans interruption de septembre à juin pour Mordelles, Le Rheu et Chartres-de-Bretagne.
Une desserte plus directe pour Laillé sera mise en œuvre toute la journée. Davantage de places assises et de confort seront installées pour Pont-Péan. Enfin, il y aura plus de liaisons depuis la ligne b du métro à Saint-Jacques – Gaîté pour Chavagne, etc.
Colonne vertébrale du réseau à l’horizon 2030, le Trambus reliera plus efficacement le cœur de métropole et ses communes voisines. Ainsi, 4 lignes Trambus devraient être déployées progressivement d’ici 2030. 90 000 voyageurs sont attendus sur ces lignes attendus chaque jour en 2032.
Un programme de décongestion majeure du secteur République sera lancé avec un temps de présence des bus divisé par 6, et des renforts conséquents sont attendus sur ces axes.
L’idée étant de redistribuer l’offre des autres lignes (nouvelle ligne C6 Aéroport <> La Poterie et l’écopôle sud est ; modification de la desserte de Beauregard nord par la ligne 14, et d’optimiser la ligne 12.
Enfin, le métro sera également renforcé sur les lignes a et b.
par Pierre Cossard | Nov 12, 2025 | Autobus, Autocar, Entreprise, Les Infos
L’IFP Energies nouvelles vient de publier une note consacrée à l’évolution des systèmes de tarification carbone en 2025.
Pour l’essentiel, la tarification du carbone comporte cette année quelque, 81 systèmes (ETS et taxes) en vigueur dans le monde. En 2024, les ETS couvraient 12 GtCO₂e (soit 23% des émissions mondiales), tandis que les taxes carbone représentaient 5%.
En termes de tendances, cette note constate que les ETS s’étendent à de nouveaux secteurs : acier, ciment, chimie, transport, bâtiments, hydrogène gris, aviation, maritime, déchets… Tandis que plus de 75 % des émissions couvertes par un ETS s’échangent entre 10 et 70 USD/tCO2e.
Selon l’IFPEN, le prix du quota européen devrait atteindre 120 à 200 €/tCO₂e d’ici 2030. En 2024, ces marchés ont généré 70 Mds US$, dont 84,5% en Europe, finançant notamment le Fonds social pour le climat de l’UE.
L’Europe apparait d’ailleurs comme pionnière réglementaire, et le CBAM européen inspire déjà le Royaume-Uni, l’Australie, le Japon, la Turquie, la Thaïlande, Taïwan et le Chili.
Environ 40% des ETS et taxes permettent l’usage de crédits carbone. En 2024, les prix moyens étaient de 6,78 US$/tCO2e (crédits OTC), et de 15,50 US$/tCO2e (pour les crédits carbone issus de projets basés sur la nature).
Enfin, les Core Carbon Principles (CCPs) s’imposent comme standard de qualité pour garantir la crédibilité et la transparence des crédits.
En guise de conclusion, l’IFPEN note que l’hybridation croissante entre ETS, taxes et crédits carbone, ainsi que la diversification sectorielle, marquent la complexification des systèmes de tarification carbone.
« Mettre un prix sur les émissions de carbone, permet non seulement d’attribuer une valeur à l’action climatique, mais aussi de stimuler le développement de technologies à faible intensité de carbone en orientant les investissements vers l’innovation dans ce domaine, note Paula Coussy, Chef de projet Externalités Carbone – IFPEN. Les systèmes de tarification carbone jouent un rôle central dans cette dynamique en influençant les stratégies industrielles et en accélérant la transformation des secteurs énergétiques et industriels. Comprendre leur évolution est essentiel pour anticiper les défis et les opportunités qu’ils représentent. À IFPEN, nous analysons ces mécanismes pour accompagner les acteurs de la transition énergétique et éclairer les choix stratégiques. Cette note décode les tendances récentes et les perspectives des instruments de tarification carbone ».

Paula Coussy, Chef de projet Externalités Carbone – IFPEN.
par Pierre Cossard | Nov 11, 2025 | Autobus, Autocar, Entreprise, Equipement, Les Infos, Réseau
L’affaire a été révélée début novembre à Oslo par l’opérateur Ruter, qui exploite tout de même la moitié des transports publics de Norvège.
Lors d’essais menés dans l’ancienne mine de Sandvika, conçue pour bloquer tout signal extérieur, Ruter a constaté que Yutong (dont 850 autobus circulent à ce jour dans les réseaux norvégiens) disposait d’un accès numérique aux systèmes critiques de ses véhicules.
Officiellement destinée aux mises à jour logicielles et aux diagnostics, ce système pourrait par hypothèse permettre d’arrêter les bus à distance puisqu’il donne un accès direct au système de gestion de la batterie et de l’alimentation électrique.
« Le fabricant a un accès numérique aux systèmes de contrôle pour les mises à jour logicielles et les diagnostics. En théorie, cela pourrait être exploité pour influencer le bus », explique Ruter dans un communiqué désormais largement relayé en Europe.
Interpelé, Yutong a indiqué qu’il était « techniquement impossible » de contrôler à distance les fonctions de conduite, de freinage ou d’accélération. Les mises à jour ne concerneraient que les fonctions de confort et les interfaces.
En France, 132 véhicules électriques de marque Yutong sont en circulation (sur un total de 737), notamment à Paris, Strasbourg, Lyon, Toulouse et Marseille. Le constructeur a par ailleurs vendu plus de 8 500 véhicules depuis son arrivée en 2005 sur le continent européen.
par Pierre Cossard | Nov 7, 2025 | Autobus, Autocar, Entreprise, Equipement, Les Infos, Réseau
Comment les comportements de mobilité au quotidien ont-ils évolué depuis 2010 ? Le Cerema vient de publier une synthèse rendant compte des évolutions de mobilité récentes, notamment post-pandémie, constatées grâce aux données des enquêtes mobilités menées par des collectivités avec le Cerema.
Seule la prochaine enquête nationale 2026-2027 du ministère chargé des Transports permettra de dresser un état des lieux complet post crise sanitaire et de dégager les tendances sur le temps long.
Cependant, les enquêtes de mobilité certifiées Cerema (EMC²), régulièrement réalisées par les collectivités locales avec l’appui du Cerema, apportent tout de même de premiers éclairages.
Ainsi, le Cerema constate-t-il une baisse de près de 10% de la mobilité quotidienne par résident, en nombre et en kilomètres, au sein des aires urbaines. Une tendance portée avant tout par les personnes en âge de travailler qui sortent moins de chez elles et se déplacent moins.
En semaine, la baisse de la mobilité ne concerne pas que le travail, mais également les déplacements pour des achats, les démarches administratives et de santé et d’accompagnement.
En termes de modes, l’utilisation des transports en commun poursuit sa progression dans les grands centres urbains, mais reste stable dans les autres territoires, tandis que le nombre moyen de véhicules par adulte continue de diminuer légèrement mais uniquement dans les grands centres urbains.
Le taux de possession du permis est en recul quel que soit le type de territoire et sur toute la population entre 18 et 40 ans, alors que la part des déplacements vélo et marche augmente dans tous les territoires et particulièrement dans les centres urbains.
Concernant décarbonation de la mobilité, si elle est clairement amorcée dans les grands centres urbains, le défi demeure pour les longs déplacements quotidiens car plus de 80% d’entre eux sont toujours réalisés en voiture thermique, sur des distances importantes.
Le Cerema préconise donc de déployer des transports collectifs alternatifs de qualité à la voiture au-delà des centres-villes des grands centres urbains, de développer le covoiturage et l’autopartage, mais aussi de faciliter la marche et le vélo pour les déplacements de courte distance dans tous les territoires.
Plus généralement, le Cerema préconise d’articuler les politiques d’aménagement du territoire et de mobilités « pour rapprocher services et emplois des zones d’habitat ».
par Pierre Cossard | Nov 6, 2025 | Autobus, Autocar, Entreprise, Equipement, Les Infos, Réseau
Le 5 novembre, les négociateurs du Parlement et du Conseil se sont mis d’accord sur une méthode européenne unique pour calculer les émissions de gaz à effet de serre (GES) des transports.
Les nouvelles règles n’obligeront pas les entreprises de transport à calculer leurs émissions de GES. Toutefois, si elles choisissent de le faire, par exemple à des fins de déclaration, de contrat ou de marketing, ou lorsque d’autres règles européennes l’exigent, elles seront tenues d’appliquer la méthode européenne commune.
Le principe qui sous-tend la méthode consiste à comptabiliser les émissions résultant de l’utilisation des véhicules et de la fourniture d’énergie pendant les opérations de transport, exprimées en CO2 par tonne-kilomètre (pour le transport de marchandises) et en CO2 par passager-kilomètre (pour le transport de passagers).
Pour améliorer la précision, l’accord donne la priorité à l’utilisation de données primaires plutôt qu’aux estimations ou aux valeurs par défaut des émissions de GES, tout en prévoyant des incitations pour les exploitants qui mesurent directement leurs émissions.
Afin de réduire la charge administrative et financière pesant sur les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), les députés ont obtenu de la Commission l’engagement de mettre au point un outil de calcul public, simple et gratuit. , accompagné d’un manuel d’utilisation. La Commission dispose de quatre ans pour développer cet outil.
L’accord préliminaire reconnaît que la méthode actuelle ne couvre pas encore les émissions de GES sur l’ensemble du cycle de vie des services de transport. Les députés ont veillé à ce que, dans les quatre ans suivant l’entrée en vigueur des nouvelles règles, la Commission évalue la possibilité d’étendre la méthodologie européenne aux émissions tout au long du cycle de vie, notamment celles provenant de la fabrication des véhicules, de la production d’énergie, de l’entretien, de l’utilisation et de la fin de vie, une fois que des données suffisantes et les progrès internationaux le permettront. Cette évaluation guidera les futures mises à jour de la règlementation.
Cet accord préliminaire doit encore être approuvé par le Conseil et le Parlement. À quelques exceptions près, les pays de l’UE disposeront de quatre ans et demi ans pour transposer les nouvelles dispositions dans leur droit national et préparer leur mise en œuvre.