par Pierre Cossard | Nov 16, 2023 | Autocar, Entreprise, Les Infos
Le Conseil National Routier vient de publier sa dernière note sur le coût du transport routier de voyageurs. Selon cette publication, l’inflation importante des coûts du transport scolaire observée en 2022 se poursuit en 2023.
Après avoir progressé de + 7,3% en moyenne annuelle sur 2022, le coût de revient total d’un autocar scolaire enregistre une inflation de + 5,3% en 2023. Depuis deux ans, l’augmentation des coûts atteint donc + 13%.
Parmi les facteurs explicatifs de ces hausses, le CNR met en lumière le poste conducteur, composante prépondérante, qui enregistre une inflation de + 15,8% depuis deux ans (+12,4% sur la seule année 2023).
Note positive dans le contexte, la publication constate que le chiffre d’affaires des entreprises du transport routier de voyageurs (transport régulier et à la demande) se redresse progressivement au cours du premier semestre 2023 pour retrouver son niveau d’avant crise covid, et ce malgré la pénurie persistante de conducteurs.
Pour 2024, le CNR reconnait que « la conjoncture économique très incertaine complexifie l’exercice de prévisions ». Selon de nombreux experts, le contexte inflationniste de 2023 devrait se poursuivre en 2024.
Le CNR prend en compte dans ses perspectives pour 2024 les conséquences de l’accord social du 16 octobre 2023 qui revalorise les minima conventionnels de rémunération de +4,3% à compter du 1er janvier 2024. Ce surcoût sur les salaires est amplifié par la diminution mécanique des allègements « Fillon » qu’il engendre.
En matière de charges de structures, le CNR retient une augmentation pour 2024 de +3,1% des coûts indirects de structure, correspondant à la prévision calculée par l’Insee d’inflation sous-jacente des services.
Concernant la maintenance, l’indice retenu par le CNR retient trois composantes : l’entretien-réparations, l’AdBlue et les pneumatiques. En moyenne annuelle, les coûts d’entretien augmentent de +8,2% sous les effets de l’inflation des charges d’entretien-réparations (pièces, achats prestations externes, lubrifiants et autres coûts d’atelier) et des revalorisations salariales appliquées au personnel d’atelier.
Après avoir enregistré des niveaux records en 2022, les prix d’AdBlue pris en compte dans cette composante diminuent en 2023 (-12,9%).
De leur côté, les prix des pneumatiques progressent en 2023. L’indice Insee des prix de pneumatiques augmente ainsi de +7% sur les huit premiers mois de l’année. L’inflation du prix des gommes est diluée dans l’indice par le taux de renouvellement des pneus.
Par ailleurs, le CNR n’établit pas de prévision sur le carburant, poste toujours volatil. Pour le reste, l’inflation des coûts du TRV scolaire, hors carburant, attendue en 2024 s’élèverait à + 5,7 %.
par Jérémie Anne | Nov 16, 2023 | Autocar, Les Infos, Réseau
La région Occitanie a résolument adopté une politique favorable à la mobilité décarbonée, « pour allier pouvoir d’achat et écologie », précise Carole Delga, présidente de la région.
Depuis septembre 2021, la région a ainsi mis en place la gratuité totale pour les 180 000 jeunes de 12 à 18 ans utilisateurs des cars scolaires. Depuis septembre 2023, ces mêmes jeunes peuvent voyager gratuitement sur les 370 lignes de cars Lio (surnommé localement « les cars rouges »).
A partir du 22 décembre prochain, la gratuité à l’usage va être déployée pour l’ensemble des jeunes occitans de 12 à 26 ans sur l’ensemble des lignes de cars Lio, les trains étant déjà concernés. Un million de jeunes sont concernés. La fréquentation des cars Lio a cru de 25% depuis 2022, avec 13,8 millions de voyageurs transportés en un an.
Cette gratuité à l’usage est basée sur le concept « +=0 ». Le principe est le suivant : du premier au dixième trajet, le jeune voyageur bénéficie d’une réduction à 50%, à partir du onzième trajet, cela est gratuit. Les jeunes voyageurs doivent pour cela utiliser l’application Fairtiq, support du dispositif.
Notons que la région investit massivement pour la décarbonation de ses cars, avec une centaine de véhicules circulant au biocarburant B100 dans l’Ariège, l’Aude, le Gard, le Gers, le Lot, les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Le BioGNV est utilisé dans le Tarn, le Tarn-et-Garonne et l’Aveyron. Les XTL (huiles végétales recyclées) sont utilisées dans les Pyrénées-Orientales et le marc de raisin dans le Gard.
Enfin, rappelons que 15 autocars diesel vont être rétrofités par Safra en autocars électriques mus via une pile à combustible alimentée par de l’hydrogène. Le kit de rétrofit hydrogène « H2-PACK » permettra de transformer ces cars diesel en cars zéro émission. Quelque 8,7 M€ sont mobilisés par la région sur ce projet. Ces véhicules seront déployés en 2024 sur les lignes Lio, notamment entre Albi et Saint-Sulpice. Leur autonomie sera de 500 kilomètres.
par La rédaction | Nov 14, 2023 | Autobus, Entreprise, Les Infos, Réseau
Le comté de Nassau (État de New-York) vient de renouveler pour 7 ans son contrat pluriannuel avec Transdev pour l’exploitation et la maintenance de son service d’autobus, le Nassau Inter-County Express ou NICE Bus, à compter du 1er janvier 2024.
Après une procédure d’appel d’offres finalisée en janvier dernier, c’est donc à nouveau Transdev North America, dont le contrat initial a débuté en 2012, qui s’y est vu attribuer le système de transport en commun par bus. Le nouvel accord s’élève à près de 1,3 Md$ (soit 1,2 Md€) sur sa durée totale, jusqu’en 2030.
Dans le comté de Nassau, qui s’étend sur 1 173 km2 dans la partie ouest de Long Island, le réseau de NICE Bus compte 2 500 arrêts et permet aux habitants limitrophes de la ville de New York d’être facilement reliés aux principales stations de métro et de trains, ainsi qu’aux pôles d’échanges de bus.
NICE Bus emploie 850 collaborateurs, gère l’exploitation de 280 bus affectés aux lignes fixes et celles d’une flotte de plus de 100 véhicules dédiés au transport adapté aux personnes à mobilité réduite. Au total, plus de 300 000 trajets sont ainsi assurés chaque année.
par La rédaction | Nov 14, 2023 | Autocar, Entreprise, Les Infos
La FNTV (Fédération nationale des transports de voyageurs), la FNAUT (Fédération Européenne des Voyageurs), plus différents experts des mobilités et élus ont publié le 11 novembre dernier dans Le Monde une tribune commune portant sur les gares routières dans l’Hexagone.
Plus précisément, l’objectif affiché de cet appel commun était de mettre en lumière le manque de gares routières en France et de demander la mise en œuvre d’un plan national en faveur de ces infrastructures « pour parvenir au nécessaire choc d’offre dans les transports et favoriser la mobilité durable… ».
Prenant prétexte de l’annonce récente, par la mairie de Paris, de la fermeture de la gare routière de Bercy Seine aux autocars longue distance (SLO, services librement organisés), les signataires de cette tribune ont tenu à rappeler que cette situation « est le symptôme d’un oubli originel : en 2015*, la loi a libéralisé le transport régulier de voyageurs par autocar mais n’a pas prévu la création d’un réseau national de gares routières. Dès lors, même si l’autocar est maintenant plébiscité par des millions de Français, le manque d’infrastructures empêche le développement de cette solution de mobilité partagée ».
Pour garantir la pérennité de l’offre de mobilité en autocars, un plan national ambitieux en faveur des gares routières est nécessaire. Ce plan reposerait dès lors sur trois piliers :
- « Création d’un “standard” s’appuyant notamment sur les travaux du Ceremapour garantir l’homogénéité du futur réseau de gares routières : emplacement en centre-ville (ou immédiate périphérie) ; multimodalité avec l’offre ferroviaire et les transports en commun ; haut niveau de sécurité, d’hygiène et de services (billetterie ; commerces ; restauration ; avitaillement ; etc.) accessibilité 24h/24 (notamment aux PMR) pour garantir l’offre de cars de nuit ; etc. Ce standard permettra de rattraper le retard français et de doter le pays d’infrastructures similaires à ce que les usagers peuvent trouver dans d’autres villes européennes (Londres, Milan, Amsterdam, Madrid) ».
- « Mise en place d’une gouvernance repensée pour les gares routières.Jamais un aéroport ou une gare ferroviaire ne pourraient être supprimés sur simple décision d’un exécutif local. C’est pourtant le cas avec les gares routières ! Le futur plan “gares routières” devra donc prévoir une gouvernance garantissant le respect du caractère essentiel de ces infrastructures et imposant la consultation de l’ensemble des parties prenantes avant toute suppression ou déplacement. Il sera aussi nécessaire d’harmoniser le modèle économique et de garantir la transparence dans l’utilisation des sommes payées par les opérateurs de transports. Cette gouvernance pourrait être pensée à l’échelle des bassins de vie et la coordination entre intercommunalités et régions pourrait reposer sur les contrats opérationnels de mobilité prévus par la loi d’orientation des mobilités (LOM) ».
- « Déploiement du plan au sein des territoires et mesures d’urgence pour améliorer certaines infrastructures (notamment la gare de Bercy Seine à Paris qui n’est actuellement pas « livrable » pour les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024).Le plan devra cibler des villes en France dépourvues d’infrastructures routières. Un nombre, même limité, de projets ambitieux dans des territoires volontaires permettra de faire la preuve de l’intérêt de telles infrastructures, notamment pour lutter contre l’autosolisme et améliorer l’accessibilité et l’attractivité des territoires ».
Toujours selon les signataires, ce plan pourrait être en partie financé par l’enveloppe prévue au projet de loi de finances 2024 : entre 600 à 700 M€ pour les infrastructures routières (issus du budget de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France) seront alloués à de nouveaux projets routiers. Une partie conséquente de ce budget devrait être dévolue au futur plan « gares routières ».
Par ailleurs, il ont tenu à rappeler que la Commission européenne vient de débloquer 7 Mds€ pour des projets d’infrastructures dans l’Union européenne, notamment les « pôles d’échanges multimodaux de voyageurs », et que les États membres peuvent prétendre à cette dotation jusqu’au 30 janvier 2024.
En conclusion, ils ont tenu à préciser que ce plan « pourrait être mis en application grâce aux futurs services express régionaux métropolitains prévus par la proposition de loi du député Jean-Marc Zulesi en ce qu’ils permettraient de répondre à un besoin essentiel : la création de véritables pôles d’échanges multimodaux pour favoriser les modes de transports les plus écologiques et les mobilités partagées (train, car, covoiturage, autopartage, vélo, etc.) en complémentarité avec les transports publics ».
Ces pôles devront être des lieux d’avitaillement (biocarburants et recharge électrique) tout autant que des lieux de vie urbains, notamment à Paris « qui ne peut pas être la seule grande capitale européenne dépourvue d’une gare routière digne de ce nom ».
[*] Loi n°2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques.
Les cosignataires de la tribune publiée dans Le Monde du 11 novembre 2023 :
- Jean-Sébastien Barrault, Président de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV).
- Christophe Bouillon, Président de l’Association des petites villes de France (APVF) et Président de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).
- André Broto, Auteur de Transports : les oubliés de la République, Eyrolles, 2022.
- Nicolas Brusson, Cofondateur et directeur général de BlaBlaCar.
- Jean Coldefy, Président du Comité Scientifique France Mobilités et Président du think tank de l’Union routière de France.
- Bruno Gazeau, Président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT).
- Fabienne Keller, Députée européenne (Groupe Renew Europe).
- Yvan Lefranc-Morin, Directeur de FlixBus.
- Jean-François Longeot, Président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat.
- Jean-Pierre Orfeuil, Professeur émérite de l’Université Gustave Eiffel, Auteur de L’autocar express, une solution pour les déplacements longs de la vie quotidienne ?, La Fabrique de la Cité, 2022.
- Michel Quidort, Président de la Fédération Européenne des Voyageurs.
- Philippe Tabarot, Sénateur des Alpes-Maritimes (Provence-Alpes-Côte d’Azur).
Jean-Marc Zulesi, Président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale.
par La rédaction | Nov 14, 2023 | Les Infos, Réseau
Par arrêté du 2 novembre 2023, le préfet du Finistère a délivré l’autorisation environnementale portant sur l’extension du réseau de transport en commun de Brest métropole, Mon réseau grandit, à l’issue de la procédure d’instruction et de l’enquête publique environnementale qui s’est déroulée du 16 août au 21 septembre 2023.
En projetant ses nouvelles lignes de Tram et de Bus à haut niveau de service (BHNS), la métropole brestoise redessine donc son paysage et s’est engagée à donner plus de place au végétal.
En amont, des travaux prioritaires seront réalisés en période automnale avant le 30 novembre pour le déplacement des escargots de Quimper et le défrichement des emprises, tout comme la vérification des arbres à chiroptères. La coupe des arbres se fera en période hivernale, avant le 28 février.
Les travaux d’infrastructures débuteront en février ou mars 2024.
par Pierre Cossard | Nov 14, 2023 | Autobus, Autocar, Equipement, Les Infos
L’AFGNV (Association Française du Gaz Naturel Véhicules) vient d’annoncer officiellement qu’elle allait adopter un nouveau nom « qui reflète mieux ses orientations stratégiques actuelles ».
« L’horizon de la filière consiste désormais, tout en poursuivant son développement, à basculer rapidement, avant 10 ans, vers 100% de biométhane, et à offrir ainsi un carburant au pouvoir de décarbonation comparable à celui de l’électricité d’origine française », explique l’association. D’où le choix de France Mobilité Biogaz.
Selon ses promoteurs, le BioGNV doit en effet jouer tout le rôle auquel il peut légitimement prétendre dans la décarbonation des transports, et ce alors qu’il n’est pas assez reconnu comme une des composantes importantes du mix-énergétique nécessaire au bon fonctionnement du secteur.

Erwan Cotard, président de France Mobilite Biogaz (Copyright Carré).
« Nous avons à défendre une filière vertueuse mais aussi trop peu connue et menacée, conclue Erwan Cotard, le président de France Mobilité Biogaz. Notre nouvelle identité de marque clame que notre énergie sera une brique nécessaire du futur mix décarboné de la mobilité, avec l’électricité, les carburants liquides bas carbone et l’hydrogène. »